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Les 8 Heures de Suzuka 2018, une édition très spéciale pour le milieu de l’Endurance

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La finale du Championnat du Monde d’Endurance a lieu ce week-end avec les 8 Heures de Suzuka et il s’agit d’une édition très particulière : demain aura lieu la dernière course pour une équipe phare de l’Endurance, l’équipe française aux trois titres mondiaux et dirigée par Christophe Guyot : le GMT94.

C’est un grand nom de l’Endurance qui dit au revoir à la discipline : le GMT94 a décidé de mettre un terme à son engagement au Championnat du Monde. Pourtant, l’équipe n’a jamais été aussi performante qu’en cette période de départ : à l’aube de la dernière épreuve de la saison 2018, le GMT94 est en lice pour la couronne. Avant cela, sur les 5 dernières années, le GMT94 a obtenu 2 titres de Champion du Monde (2014 et 2017) et 3 places de vice-champion (2013, 2015, 2016). Le GMT94, c’est aussi un très beau palmarès de 17 victoires en Championnat du Monde, dont un record de 6 victoires à Oschersleben en Allemagne, mais également 3 victoires aux 24 Heures du Mans et 2 au Bol d’Or.

Le GMT94 : retour sur une histoire hors du commun

La belle équipe du GMT94, millésime 2018 ! (Crédits : Good-Shoot.com et GMT94)

Le GMT94, c’est une histoire de passion et d’efforts qui démarre à Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne et qui a résulté en un parcours atypique. Christophe Guyot commence à rouler en tant que pilote de compétition en France en 1988. Trois ans plus tard, en 1991, il créé l’équipe GMT94 et endosse à la fois le rôle de pilote et de manager d’équipe. Il s’engage au Championnat du Monde Superbike cette année-là puis également dans des courses d’Endurance à partir de l’année suivante. En vitesse, Christophe Guyot devient Champion de France Superbike en 1998, restant à ce jour le seul pilote ayant remporté ce titre avec une moto privée face à des machines officielles. Du côté de l’Endurance, 1999 marque la 1ère pôle position (Oschersleben) et le 1er podium (Estoril) de l’équipe GMT94. L’année 2000 amène enfin la 1ère victoire (Oschersleben). En 2001, le GMT94 marque un grand coup et affirme sa singularité en remportant les 24 Heures du Mans. Du jamais vu pour une équipe privée avec le team manager au guidon de la moto ! C’est à partir de 2003 que l’aventure en Championnat du Monde d’Endurance passe un nouveau cap : après avoir roulé en tant que structure privée avec des motos Honda, Kawasaki et Suzuki, le GMT94 démarre un partenariat avec Yamaha France et devient l’une des deux équipes officielles Yamaha Racing engagées en Championnat du Monde d’Endurance, aux côtés du Yamaha Austria Racing Team (YART). 2003 marque également l’intégration de David Checa comme pilote dans l’équipe. Cette période de transition porte ses fruits : le GMT94 devient Champion du Monde d’Endurance en 2004 pour la première fois de son histoire. A la fin de cette saison très performante, Christophe Guyot met un terme à sa carrière de pilote et décide de se concentrer exclusivement sur son rôle de team manager. L’ère Yamaha a perduré avec succès jusqu’à cette saison 2018 : tous les titres et toutes les victoires ont été remportés au guidon de la Yamaha R1.

Les choses simples sont souvent les meilleures. Petit échange et photo en toute simplicité avec Christophe Guyot lors du WorldSBK 2017 à Magny-Cours ! (Crédits : Nicolas Bassand)

Le Supersport en ligne de mire

Le GMT94 quitte l’Endurance à la fin de la saison 2018 mais la compétition est au cœur de son ADN et il n’est pas question de s’arrêter là : pour 2019, l’équipe va se concentrer à 100% sur le Championnat du monde Supersport. L’ambition affichée est de devenir une structure tremplin prenant en charge la formation et l’avenir des jeunes pilotes talentueux et désireux d’accéder au plus haut niveau. Comme il l’a fait en Endurance, Christophe Guyot va construire une équipe qui aura pour objectif d’aller chercher le titre mondial, avec toute la motivation et l’énergie qui caractérise le GMT94 depuis ses débuts, mais en capitalisant aussi sur l’expérience acquise au fil des années. Il y aura 2 pilotes engagés pour la saison 2019 et les noms n’ont pas encore été révélés.

En cette saison 2018, le GMT94 est déjà engagé en Championnat du Monde Supersport mais certainement pas avec la capacité d’implication que l’équipe aimerait : cela s’explique notamment par des questions de calendrier. Le calendrier du Championnat du Monde d’Endurance possède un nombre limité d’épreuves (5 épreuves cette saison) et les pilotes roulent généralement dans d’autres championnats en dehors de l’Endurance, pour des questions financières et/ou de besoin d’entraînement. Concernant les pilotes du GMT94, David Checa évolue en Championnat d’Espagne, Niccolò Canepa est pilote d’essai en Championnat du Monde Superbike, Mike Di Meglio a participé à quelques courses en Championnat du Monde Supersport avant de se faire remplacer pour cette partie du job par le jeune Corentin Perolari. Mais depuis qu’Eurosport Events est devenu promoteur du Championnat du Monde d’Endurance en 2015, l’organisation de la saison et les dates des épreuves ont été remaniées : pour la saison 2018, 3 épreuves sur 5 du Championnat du Monde d’Endurance (Le Mans, Slovakia Ring, Oschersleben) avaient malheureusement lieu pendant des weekends de course en Championnat du Monde Superbike et Supersport (Pays-Bas, Italie, République Tchèque). Eloigné de l’Endurance à partir de 2019, le GMT94 pourra donc se concentrer à fond sur son objectif en Supersport.

Sur sa Yamaha R6 en Championnat du Monde Supersport 2018, Corentin Perolari reçoit un soutien de marque sur la grille de départ de la manche italienne : il est accompagné par Eric de Seynes, président de Yamaha Motor Europe. (Crédits : PhotoPSP.com et GMT94)

Les 8 Heures de Sukuza : une épreuve particulière sous domination des usines japonaises

Si ces 8 Heures de Suzuka ont une valeur spéciale pour le GMT94, l’épreuve possède aussi une saveur particulière pour les 63 autres équipes engagées : tout simplement parce qu’il s’agit des 8 Heures de Suzuka, la seule épreuve du championnat qui diffère dans l’organisation et les enjeux.

Vue incroyable du circuit de Suzuka lors des essais de nuit ! (Crédits : EWC)

Tout d’abord, les points inscrits comptent double pour cette finale à Suzuka, et ce depuis qu’Eurosport Events a pris en charge la promotion du championnat : il y a donc beaucoup à gagner ou à perdre au classement !

De plus, les motos d’usine des marques japonaises qui ne participent pas au reste du Championnat du Monde sont autorisées pour cette course, avec un règlement permettant des différences en termes de moteur, d’électronique, de pneus et de pilotes ! Pour la composition de leurs équipes, les usines qui ne participent qu’à la course de Suzuka associent généralement un pilote japonais avec deux pilotes issus des championnats de vitesse, WorldSBK ou parfois MotoGP. Par exemple, on retrouve cette année Jonathan Rea et Leon Haslam aux côtés de Kazuma Watanabe dans l’équipe Kawasaki Team Green ou encore Alex Lowes et Michael van der Mark aux côtés de Katsuyuki Nakasuga dans l’équipe Yamaha Factory Racing Team.

En réalité, il y a donc deux courses à Suzuka. D’un côté, les usines japonaises engagées uniquement pour cette épreuve se battent pour des questions de prestige, d’honneur (japonais) et de marketing bien sûr. De l’autre côté, les équipes permanentes jouent leur place au classement final du championnat.

Joyeux anniversaire à la Yamaha R1 et en avant le GMT94 !

Suzuka 2018 est une course spéciale pour la Yamaha R1 : on fête cette année les 20 ans de la sortie de ce modèle sur le marché ! Pour célébrer cette étape, les trois Yamaha R1 officielles (GMT94, YART et équipe japonaise d’usine Yamaha Factory Racing Team) qui sont en piste ce week-end affichent une peinture spéciale. Elles reprennent avec brio la peinture rouge et blanche de la première R1 de 1998 : que de souvenirs et de nostalgie !

La R1 du GMT94 dans sa livrée spéciale accompagnée de la R1 de 1998. (Crédits : Yamaha Racing)
Pour cet anniversaire, la photo de famille est au complet avec l’addition des R1 #7 du YART et #21 du Yamaha Factory Racing Team ! (Crédits : Yamaha Racing)

Pour les motos du GMT94, cette livrée spéciale a été réalisée par William Charbonnier de l’atelier français Wad’z. Génie de la peinture en charge des motos du GMT94 depuis 2004, Wad’z effectue des peintures de motos mais également de casques. Il s’occupe des casques de nombreux pilotes, avec des noms prestigieux comme Lucas Mahias ou Kenny Foray.

Retour au présent : nous y sommes. C’est demain que tout se joue, dans la fournaise et l’humidité de Suzuka. Sur ce tracé mythique, les trois pilotes du GMT94­ vont tenter de briller une dernière fois sur leur fidèle destrier. Habillée de ses peintures de guerre pour ses 20 ans, la R1 est prête à entrer une fois de plus dans la légende.

Lors des essais, Mike di Meglio accompagne la R1 un peu plus loin dans son parcours de légende. (Crédits : Yamaha Racing)
Depuis le box du GMT94 au circuit de Suzuka, David Checa, entouré de Mike Di Meglio à sa gauche et Niccolò Canepa à sa droite, connaît le caractère très particulier de cette dernière course avec ses coéquipiers… (Crédits : Yamaha Racing)
Nicolas
Nicolas
Je suis convaincu que la passion nous emporte loin...surtout si on y va à moto ! Avec mon supermotard 50 cm3 à mes débuts jusqu'à ma sportive 1000 cm3 aujourd'hui, je roule depuis 15 ans. Je roule en ville et en montagne, sous le soleil et la pluie, sur la route et sur circuit : pour moi, la moto se vit 365 jours par an. Si on partage cette passion ensemble, c'est encore mieux, non ? Alors c'est parti : live, love, ride !
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