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Tu t’es lancé sur la piste et tu te rends compte que ton casque typé route n’est pas le plus adapté? Ou tu veux tout simplement avoir le même casque que ton idole de MotoGp, WSBK… ? Mais qu’est ce que les casques racing ont de plus à offrir mis à part un look canon et un prix qui ne donne (vraiment) pas envie de tomber avec ?  C’est ce qu’on va aborder aujourd’hui, car oui, ce n’est pas que la belle peinture replica Rossi, Marquez, Zarco… Qui justifie l’addition salée !

Tout d’abord, on est d’accord, on parle ici de casque possédant  la norme CE, ne joue pas avec le feu en achetant un casque Aliba…  Ou autre chinoiserie AGW, Araii et j’en passe…. Flamby garanti à la moindre chute ! On ne rigole pas avec un casque, aussi vital qu’obligatoire, un casque ne se choisit pas sur d’uniques critères esthétiques ! Il doit donc porter la norme CE ECE 22/05 pour t’assurer de sa conformité vis-à-vis des standards européens en cas de chute. Et pour ceux et celles qui se lanceraient dans la compétition, sachez que les commissaires vérifient que cette norme figure bien sur l’étiquette cousue à la jugulaire de votre casque lors du contrôle technique.

Et pour aller plus loin, si tu veux savoir si ton « futur » est bien côté en terme de protection face à une chute, fais un tour sur le site « SHARP» qui réalise des tests indépendants de tous les casques et rend public ses résultats (certaines marques l’utilisent même comme argument de vente avec un petit autocollant sur la visière mentionnant le nombre d’étoiles obtenues).  Avoir un casque ayant eu 5 étoiles au test SHARP te garantit que ton cerveau sera bien protégé lors d’une chute… Ou du moins que tu ne trouveras pas mieux !

On est maintenant d’accord, tu vas donc acheter un casque dans un magasin spécialisé ou sur des sites sérieux référencés sur internet… Mais tu es perdu face à l’offre pléthorique de casques ? Voici donc les éléments à considérer pour l’achat d’un casque dédié à la piste :

  • La résine thermoplastique ou la fibre ? La question du poids avant tout !

L’avantage du thermoplastique : un prix plancher. Celui de la fibre : un poids généralement contenu. Et côté sécurité, aucun des deux matériaux ne peut se prévaloir d’une quelconque supériorité (c’était le cas pour la fibre il y a quelques années mais ce n’est plus d’actualité aujourd’hui). Tu trouveras des casques typés racing principalement en fibre afin de proposer un poids moindre. Un vrai plus pour la piste, où chaque gramme de gagné est bénéfique et où les hautes vitesses sont plus supportables avec un casque moins lourd ! On retrouve également beaucoup de casques en carbone dans cette niche « racing » ; son intérêt ? A degré de solidité identique, le carbone requiert un poids bien moindre de matériau. En d’autres termes, le casque en carbone est encore plus léger que son homologue injecté et pèsera environ 1250 gr en taille M (contre 1600-1700 gr pour un casque en résine thermoplastique). Dernier atout du carbone : le tressage des fibres apparent apporte un véritable plus visuel aux casques. Mon conseil : évite les casques qui pèsent plus de 1500 gr pour un usage piste, tes cervicales te diront merci !

  • L’aérodynamisme/aileron :

Bien choisir son casque, c’est bien choisir la manière dont on va être protégé en cas de choc, mais c’est aussi et surtout bien choisir la manière dont on va être protégé des effets physiques impliqués par le port d’un casque, surtout à haute vitesse. L’aérodynamique d’un casque de moto est donc un point important, au même titre que son poids. Les casques racing sont tous dotés d’un spoiler ou appendice aérodynamique (plus ou moins proéminent) à l’arrière du casque pour limiter les turbulences.  Si tu n’as pas de bulle haute (double courbure) sur ta machine, cela peut considérablement augmenter ton confort à haute vitesse. Mais pas besoin du spoiler de Zarco pour être efficace, on veut avant tout limiter les turbulences et les mouvements de la tête associés… Pour ce qui est d’aller chercher le millième sur le chrono grâce à un meilleur aérodynamisme, il y a beaucoup d’autres choses à travailler avant de s’intéresser à l’effet spoiler !

  • Le champ de vision

Un point clé ! Pour un casque destiné à la route, on te dira qu’il faut un champ de vision large pour surveiller les angles morts, pour la piste, ça se passe plutôt dans le sens de la hauteur ! Lorsque tu adoptes la bonne position sur la moto (c’est-à-dire la tête baissée quasiment tout le temps), il faut pouvoir lever les yeux sans qu’ils ne butent sur la mousse du front ! J’ai moi-même eu ce problème sur un de mes casques précédents et me retrouvais à caler une chaussette (propre…) dans la calotte pour relever le champ de vision… Bref, penses-y au moment de l’achat, quitte à se mettre en position « limande» ou à quatre pattes dans le magasin !

  • La ventilation / pinlock

Un casque bien ventilé est évidemment un atout, mais sur le segment racing tous se valent plus ou moins ! Si tu enchaînes les tours de piste en plein mois d’août à Misano (du vécu…), tu vas évidemment transpirer dans ton casque. Et pas besoin qu’il fasse 30°C dans l’air pour que ce soit le cas ! Il faudra donc veiller à ce que ton casque possède de nombreuses aérations notamment au niveau du menton, une ventilation frontale ainsi que des extracteurs d’air sur l’arrière du casque. Tu peux aussi vérifier si ton écran possède un cran qui te permet de l’entrouvrir légèrement, idéal pour les matins frais ou la pluie (sinon tu pourras toujours placer un rislan autour de ta mentonnière pour empêcher ton écran de se refermer, voir l’article dédié à la piste sous la pluie pour plus d’infos).

Et si la buée venait toutefois à s’installer malgré les aérations, tous les casques racing permettent de placer un Pinlock (film en plastique souple plaqué contre l’écran offrant une protection antibuée en agissant comme un double-vitrage). Certains casques proposent même des masques déflecteurs à plaquer sur le nez pour diriger l’air expiré vers le menton et non contre la visière, idéal quand il pleut et que le thermomètre ne s’affole pas…

  • La boucle double D :

Si la boucle micrométrique est bien plus pratique et rapide, la double D est plus adaptée à la pratique sur piste car permettant un ajustement plus précis et résistant mieux à l’arrachement… Elle est par contre plus difficile à manipuler mais c’est un « coup » à prendre !

  • La taille :

Tu as trouvé le casque moto qui te convenait le plus ? Attention, tous tes efforts sont vains s’il n’est pas à la bonne taille ! Trop petit, il se révélera particulièrement inconfortable, et trop grand il n’assurera pas la protection escomptée… Quelques repères: les mousses intérieures doivent te serrer légèrement (plus qu’un simple maintien, mais sans point dur) en particulier au niveau des joues. Les joues doivent d’ailleurs légèrement remonter à cause de la « compression » des mousses… Lorenzo en est un bon exemple quoique assez extrême sur le paddock GP. Pour plus d’explications, suivez ce lien. Et si jamais tes mousses se tassent trop, dans un premier temps pense à les laver régulièrement (voir plus bas) ou alors avant de changer de casque, tu peux en racheter des nouvelles en pièces détachées. A retenir également, ce n’est pas parce que tu mets du M chez HJC que tu vas faire du M chez Shark. Encore une fois, il faut essayer !

  • Et le confort ?

Alors là, je ne peux pas parler à ta place… Le confort et le ressenti, c’est personne, et de ça dépendra ta sécurité ! Sache qu’en achetant un casque racing, le confort ne sera pas comparable à un casque routier. C’est comme comparer le confort routier d’une voiture pack sport à une avec pack confort !

Je te conseille donc de prendre le temps d’essayer les casques avant d’acheter. Ce n’est pas parce que ce casque est joli ou que tu es pro-Rossi, qu’il faut absolument que ton choix se porte sur un AGV Pista. Ne renonce pas à essayer un Shoei X-Spirit III par principe,  tous n’ont pas un 93 siglé sur la calotte, penses à ta sécurité en premier. Certains ne sont bien que dans une marque, donc n’hésite pas à faire le tour des modèles. Et si à l’essai tu ressens des points durs (front notamment), oublie, même si c’était le modèle le plus joli qui proposait une déco assortie à ta combi.

Mais oui, je te l’accorde, le must reste de pouvoir porter le casque qui nous plait !

  • Le bruit :

Attention piège ! Lorsque tu achètes un casque dédié à la piste, ce critère n’est pas du tout un élément déterminant. La grande majorité des pilotes utilise d’ailleurs des bouchons d’oreilles pour diminuer le bruit… A bon entendeur !

  • Le prix :

Sujet qui fâche mais… Tous les éléments cités ci-dessus justifient un tarif pouvant aller de 400€ pour le LS2  Arrow Evo C Carbon à plus de 1500€ pour les AGV Pista. De quoi satisfaire tout le monde !

Les modèles vers lesquels orienter ta recherche :

On est sympa, on te mâche le travail ! Chaque grande marque possède un, voire deux, modèles typés racing, les voici (de rien !) :

  • AGV : modèle Pista ou Corsa
  • Arai : modèle RX-7
  • Bell : modèle Race Star
  • HJC : modèle RPHA 11
  • Icon : modèle Airframe
  • LS2 : modèle FF323 Arrow
  • Scorpion : modèle Exo 1400
  • Shark : modèle Race-R Pro
  • Shoei : X-Spirit III
  • Suomy : modèle Speedstar ou SR-SPORT
  • X-Lite : modèle X-803 Ultra Carbon

Liste non exhaustive bien sûr, mais ça te donne déjà de quoi démarrer tes recherches !

 

Entretenir ton casque

Entre les moustiques écrasés sur la visière, les résidus d’insectes dans les prises d’air et les joints, les mousses imprégnées de transpiration… Nettoyer son casque moto de manière approfondie finit en effet par se montrer indispensable. Cette opération lui redonnera l’aspect (et l’odeur !) du neuf et augmentera considérablement sa durée de vie.

N’hésite donc pas à démonter ton casque pour laver les différents éléments séparément : mousses de joue, coiffe, bavette, écran et calotte. Et si tu hésites à te lancer, saches que presque tous les fabricants proposent des tutos en ligne pour démonter/remonter tous les éléments. Alors lance toi, il faut parfois un peu de patience mais quel plaisir de remettre la tête dans un casque avec des mousses qui sentent la lessive !

Et oui parce que bien que généralement traité anti-bactérien, le tissu intérieur et les mousses finissent tout de même par prendre de mauvaises odeurs. Surtout si tu as l’habitude de ranger tes gants dans ton casque. Utiliser des sprays assainissants régulièrement retardera le lavage complet mais il faudra y passer…. D’autant plus qu’un lavage fréquent permet aux mousses de garder leur volume originel. Tu peux opter pour un lavage à la main, à l’eau tiède dans une bassine. Mais le plus simple, c’est de profiter d’une lessive pour laver tous les éléments intérieurs. Choisis un programme délicat et une température maximum de 30°C et sèche le tout à l’air libre (pas de sèche-linge).

L’écran de ton casque est à traiter avec encore plus de précautions que le reste ! On proscrit le côté « gratte-gratte » de l’éponge,  trop abrasif, qui risque de laisser des micro-rayures malvenues. On préférera le liquide vaisselle miracle, suivi d’un rinçage abondant ou alors des sprays dédiés à l’entretien des écrans. Et si tu as traité ta visière avec un produit déperlant, il faut alors la nettoyer simplement avec de l’eau tiède.

Alors, prêt à acheter ton « heaume* sweet heaume » pour pister ?

* heaume : n.m,.  Au Moyen Age, casque enveloppant toute la tête et le visage du combattant (un peu de culture casque pour ceux qui liront l’article jusqu’au bout ! 😉

Lucile
Lucile
Passionnée de 2 roues depuis ma plus tendre enfance, j’ai passé mon permis gros cube à 21 ans et écumé les routes de ma Haute-Savoie natale et alentours pendant plus de 10 ans avant de me résoudre à un constat réaliste : essayer de prendre les points de corde sur route est un jeu dangereux pour lequel les cartes "chance" distribuées sont limitées... C’est ainsi que je me suis retrouvée sur piste en 2013 avec mon conjoint lui aussi passionné ! Et autant vous dire que le virus a vite pris et c'est même transformé en passion commune !!! Aujourd’hui ma pratique de la moto se limite à la piste en roulages libres et également compétitions, tout en restant une adepte du 2 roues pour les déplacements pro… Mais en scooter ! A travers mes articles, je tacherai donc de mettre à profit mes compétences de professeur (mon métier) et de motarde/pistarde au service d’articles variés pour te partager mes expériences, connaissances, conseils et astuces !
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