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J’ai testé mon équipement moto lors d’une chute à plus de 150km/h

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Salut à tous !

Aujourd’hui je vais faire un retour d’essai matériel un peu particulier puisque, il y a 15 jours sur circuit, j’ai chuté à plus de 150 km/h. C’est une bonne occasion de faire un bilan sur mon équipement et son utilité !

Bon déjà, rassure-toi, si je suis en train d’écrire ces quelques lignes c’est que je vais (plutôt) bien.

Que s’est-il passé ?

Lors d’une journée d’entrainement sur le circuit d’Alès j’ai subit un violent guidonnage qui m’a fait perdre l’avant de la moto et glisser jusqu’au fond du bac à graviers.

Qu’est ce qu’un guidonnage ? Le guidonnage est probablement l’une des expériences de conduite parmi les plus traumatisantes qui peut survenir à un motard.

En général, un guidonnage se produit dans une phase d’accélération sur un bitume bosselé (c’est ce qui m’est arrivé) mais un wheeling mal reposé peut aussi provoquer le phénomène ou des mauvais réglages suspensions sur la moto.

Concrètement, le guidonnage est une oscillation soudaine et violente du train avant qui s’amplifie. La violence d’un guidonnage est telle que les butées de direction peuvent casser et que les guidons peuvent venir taper dans le réservoir, ce qui peut finir par éjecter le pilote.

En général, toute tentative du pilote pour rattraper le guidonnage ne fait que l’aggraver et se solde souvent par une chute.

Bref me voilà donc par terre, à glisser sur 80m de bitume environ puis à faire des rouler bouler dans le bac à graviers pour finir par m’arrêter avec la moto couchée sur mes jambes sans pouvoir bouger (merci les commissaires de m’avoir aidée à relever la moto) !

L’état de mon équipement

Une fois mes esprits repris, je fais le bilan de ma chute au niveau de mon équipement :

Mes gants : des Handroid (Knox)

Les coques sur le dessus sont râpées et celles à l’intérieur des paumes aussi mais aucun trou sur le cuir et aucune lésion aux mains ! Aussi, les coques sur les manchons sont également bien râpées mais elles ont joué un rôle primordial dans la protection de mes poignets durant la glissade.

Entourées en rouge, les zones râpées pendant ma chute

L’efficacité de protection de ces gants est bluffante !

Ma combinaison : une GP Plus (Alpinestars)

Qui m’a clairement sauvé la peau. C’est elle qui a été le plus abîmée dans la chute et la glissade !

Le cuir est poncé et frotté à de nombreux endroits et troué au niveau de quelques coutures avec les zones en élasthanne. Certaines zones en élasthanne (notamment du bras) ont même été complètement déchirées ce qui m’a valu quelques brûlures mineures au coude. Mais pas de grosse brûlure ni de “pizza” sur le corps !

La combinaison m’a également protégé de graves brûlures au niveau des tibias car la moto a fini couchée sur mes jambes au niveau du pot d’échappement. On voit sur la photo ci-après le slider fondu et les traces de brûlures sur le cuir de la combi !

Mes bottes : des SMX Plus (Alpinestars)

Lors d’une glissade, il n’est pas rare que le pied reste entre la moto et le bitume, ce qui a été le cas lors de ma chute aussi. Dans cette situation, mes bottes racing montantes, avec leur système anti-torsion de la cheville et leur protection au niveau de la malléole ont bien rempli leur rôle : pas d’écrasement ni de brûlure. Et mes bottes ne sont pas non plus foutues ! Le pied !

Mon casque : un Shoei NXR

Durant ma chute, même si tout est allé assez vite il ne me semble pas avoir tapé la tête au sol. Après une inspection minutieuse, mon casque a quelques égratignures suite à mon arrivée triomphale dans le bac à gravier mais est-ce vital pour sa fonction première qui est : protéger ma tête ?

Faut-il changer son casque après une chute ?

On entend souvent qu’il faut changer son casque après une chute, peu importe soit-elle, mais qu’en est-il vraiment ?

On nous dit que l’intérieur du casque sera déformé et qu’il n’absorbera plus les chocs… Tout ça reste relativement abstrait.

Lorsque ton casque de moto tombe, les éléments qui le composent sont altérés. Même s’il semble intact, sa structure (la coque et le calotin) peut avoir été endommagée et comporter des fêlures ou des tassements invisibles à l’œil nu. Certains fabricants (Shoei, Arai…) proposent un service SAV pour vérifier l’intégrité de ton casque moyennant finances.

Mais en cas de doute suite à une chute, n‘hésite plus, pour ta sécurité tu dois remplacer ton casque.

C’est également pour cela qu’on recommande chaudement de ne jamais acheter de casque d’occasion. Achète uniquement du neuf !

Faire réparer son équipement en cuir

Après une chute, si ton équipement en cuir à été abimé, ce n’est peut être pas nécessaire de tout mettre à la poubelle et d’en changer (hormis le casque, on a abordé le sujet dans le paragraphe précédent). Il est parfois possible de le réparer.

Pour les bottes, selon ton modèle, les sliders peuvent se changer et la semelle peut être refaite chez un cordonnier.

Pour tes gants ou ta combinaison abîmés, une bonne couturière à l’aise avec le cuir ou un cordonnier polyvalent pourra faire des miracles et donner une 2nde vie à ton équipement pour un budget bien inférieur à celui du matériel neuf !

Bilan

Durant cette chute, mon équipement a été salvateur et m’a épargné bien des blessures ! Le bilan aurait pu être beaucoup plus grave…

Malgré tout, ma botte est restée coincée dans la platine ou le cale pied de la moto. J’ai donc valsé jusqu’au fond du bac à graviers accrochée avec la moto et ma jambe droite a été tordue dans tous les sens.

Au final, après des radios de contrôle mon genou va bien mais il s’est avéré que ma malléole interne droite était fracturée et déplacée. Une opération a été nécessaire avec la pose de 2 vis en titane dans la cheville.

Alors maintenant, tu sais pourquoi il ne faut jamais lésiner sur ton équipement moto, sur la piste comme sur la route !

Charlotte
Charlotte
Ingénieure en informatique mais surtout motarde passionnée, cavalière, snowboardeuse et très sportive au quotidien! Je suis une hyperactive qui ne s’arrête jamais et ne lâche rien ! J’ai passé mon permis moto sur le tard, en Janvier 2014, et quelques mois après je découvrais la piste par curiosité lors d’une journée loisir avec ma première moto. Il aura suffit d’une fois pour que je devienne accro! Depuis, j’ai progressé participant à de nombreuses journées loisir, stages et coachings sur des circuits découverts partout en France et en Espagne. Pour 2018, j’ai décidé de franchir le pas du monde de la compétition! A travers mes articles je tenterais de te donner un max de conseils et te ferais partager mon expérience de la moto sur piste.
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