Moto au fémininPiste et circuit

Et si on allait rouler sur un circuit de motoGP?

Sans titre

En tant que motarde passionnée, je ne sais pas vous mais personnellement je suis assidûment les saisons de motoGP. Et qui n’a pas rêvé d’aller poser ses roues sur un circuit de motoGP ? Déjà, d’aller assister en tant que spectateur à l’une des courses de la saison c’est quelque chose de fou mais rouler sur les traces des champions comme Rossi, Marquez, Dovizioso, Pedrosa… C’est un rêve ! Et c’est un rêve qui s’est réalisé pour moi cette semaine !! J’ai eu donc envie de partager cette aventure avec vous.

D’habitude je roule sur des petits circuits ou de taille moyenne (Ales, Ledenon, Bresse…), mais avec les copains du moto club, nous voulions cette année faire une sortie piste sur l’un des grands circuits du calendrier motoGP. Notre choix s’est porté sur le Mugello en Italie.

LE circuit mythique de Rossi et un des plus beaux circuits du monde ! Situé en Toscane au nord-est de Florence il est long de 5,245 km et a un tracé très rapide ! Il comporte 15 virages donc 6 virages à gauche et 9 à droite. Avec sa ligne droite de 1141 mètres c’est l’un des rares circuits qui permet aux pilotes de GP de dépasser la vitesse hallucinante de 350 km/h !

La veille :

Nous chargeons les motos sur la remorque, passons en revue la check list pour être sûrs de ne rien avoir oublié, mettons toutes nos affaires dans la voiture… Départ vers 10h du matin car environ 7h de route nous séparent du circuit depuis Aix en Provence !

Bon, c’était sans compter un premier imprévu : en vérifiant la pression des pneus de la voiture, la valve a cassé net 🙁 Nous voilà donc à décharger toute la voiture pour accéder à la roue de secours dans le coffre. Ouf, une fois la roue changée on peut enfin partir !

Sur l’autoroute, nous croisons des pistards également en route pour le Mugello avec qui nous conversons sommairement par feuille de papier collée à la vitre de la voiture. Oui oui, on fait comme on peut !!!

Pour ma part je trépigne d’impatience d’arriver !

A environ 1h30 de route avant d’arriver, un pneu de notre remorque éclate. Décidément, on essaye de nous mettre des bâtons dans les roues ! Là encore, heureusement nous avions une vraie roue de secours. 15 min plus tard nous étions repartis.

Arrivés sur place, l’excitation est à son comble, je suis comme une gosse à Noël ! Le circuit est caché au sein de collines et montagnes verdoyantes. Premières impressions : tout est immense, le paddock, les installations, les box… Nous nous installons dans un box que l’on a partagé avec les copains à 12 motos et nous étions large (c’est vous dire la taille des box) !

Pour réviser le tracé, un petit groupe se met en route pour faire le tour du circuit à pied. Ce qui est, au passage, une très bonne chose à faire pour repérer le tracé, les points de repères, mieux appréhender les virages et se familiariser avec les distances et le dénivelé.

Moi vous imaginez bien que pendant ce temps-là j’étais en train de ramasser des boulettes de gommes en bord de piste qui pourrait bien appartenir à Johann Zarco ou Valentino Rossi 😀

Le soir, comme pour pouvoir bien rouler il faut être reposé, extinction des feux sans trop tarder et pas d’abus sur l’apéro !

 

Jour 1 – Découverte totale :

Les organisateurs de ces 2 journées étaient les grosses team FVP (Suisses) et First on Track.

Nous étions répartis en 4 groupes de niveau et environ 45 motos par groupe, ça en fait du monde !! Les transpondeurs (permettant d’enregistrer les chronos individuellement) étaient obligatoires pour tout le monde et prêtés par les organisateurs, ce qui a permis de reclasser les pilotes dans les groupes après chaque demi-journée pour avoir des groupes de niveau équilibré. Parfait. !”.

Les premiers tours s’enchainent et le tracé très large tolère facilement mes erreurs de trajectoires. Le grip est excellent! J’ai une sacrée banane dans mon casque : ça y est j’y suis enfin sur ce circuit, magique !

J’essaie de prendre rapidement des points de repère (panneaux, poteaux, traces sur le goudron, vibreurs…).

La ligne droite est tellement plus longue que ce que je connais habituellement… J’arrive en fond de 6ème pour la première fois de mon existence de motarde ! Soit 253 km/h pour ma petite 600 qui se fait doubler par les plus grosses cylindrées en ligne droite mais ce n’est pas très grave! La tête dans ma bulle, j’imagine les pilotes de GP passer là, sous la passerelle de la ligne droite à 100km/h de plus !

Le drapeau à damier arrive, la session de 20 minutes (pour un total de 6 sessions prévues dans la journée) est passée terriblement vite et j’ai envie d’y retourner !!

Tout au long de cette première journée j’ai pris un pied d’enfer ! J’apprends à freiner tard et très fort pour redoubler les grosses cylindrées en bout de ligne droite avec la roue arrière qui part de travers 😉 Qui plus est, le freinage au bout de cette ligne droite est solide. Il s’agit de l’un des cinq plus gros freinages de la saison de motoGP (plus d’infos en fin d’article dans la section « Quelques infos »).

Je rentre de plus en plus vite dans ces grandes courbes rapides et j’essaie de m’appliquer sur les trajectoires. En fin de matinée je suis même reclassée dans le groupe de niveau supérieur ! Génia l!

L’ambiance dans les boxes et sur le paddock est top, on partage nos impressions, nos techniques, nos trajectoires, on se félicite, c’est aussi ça l’esprit pistard !

Jour 2 – On progresse :

En se levant le matin, il pleut… C’était annoncé… La météo dans cette belle Toscane est incertaine en cette saison.

Bon, mais mauvaise nouvelle car je n’ai pas pris mes pneus pluie alors je ne pourrais pas rouler tant que la piste est mouillée… Visiblement, la moitié du paddock non plus car les gens remballent leurs affaires et repartent chez eux. Il faut savoir qu’en cas de pluie, l’inscription des journées n’est jamais remboursée. Alors au prix où j’ai payé mon inscription, ajouté aux frais de transport, je prends mon mal en patience et attend un peu pour voir comment la météo évolue.

Et là, par miracle (bon j’ai aussi prié très fort !), ça se dégage et la piste sèche petit à petit. A 11h c’était reparti ! De plus, vu que la moitié des pilotes étaient partis, les groupes ont été fusionnés en 2 et les sessions suivantes on fait 40 min.

40 min en piste c’est long mais c’est un parfait entraînement pour ma course d’endurance qui aura lieu en Septembre. Je me surprends d’ailleurs à plutôt bien les vivre ces sessions longues, merci les séances de cardio à la salle de sport le reste de l’année ! La soif est le plus gênant pour moi, je comprends alors bien mieux l’intérêt des poches à eau qu’ont les pilotes de GP dans la bosse de leur combinaison !

A la fin des 40min, la plupart d’entre nous arrivent sur la réserve d’essence, on passe un plein par session, whaou sacrée consommation par rapport à d’habitude !

Entre 2 sessions, avec ma coéquipière pour la course d’endurance on compare nos données de télémétrie pour voir où il y a le plus à gagner et on bosse là-dessus. Cela nous permettra de faire descendre joliment le chrono tout l’après midi et de se tirer des belles bourres !

Au final, je repars de ces 2 jours avec des étoiles plein les yeux. J’ai l’impression d’avoir fait un aller retour au paradis des motards ! ça m’a vraiment donné envie d’aller découvrir d’autres grands circuits du même style, et même de revenir au Mugello. Et cela même s’il faut globetrotter, ça en vaut largement la peine !

Quelques infos :

  • Comptez entre 200 et 250 € d’inscription pour la journée pour rouler sur un grand circuit du calendrier GP
  • Prévoyez des pneus pluie selon la météo pour profiter de rouler quand même en cas de mauvaise météo 😉
  • Prévoyez des roues de secours (voiture, remorque), on ne sait jamais…
  • Prévoyez essence, pneus moto et plaquettes de frein en conséquence, tout se consomme plus vite sur un grand tracé.
  • Pour avoir un aperçu du circuit en caméra embarquée c’est par ici :

https://www.youtube.com/watch?v=AJ8i4EBKWME&t=

  • Le meilleur temps absolu du circuit de Mugello est détenu par Valentino Rossi avec un chrono de 1’46”208 chez Yamaha fait en 2018 lors du grand prix d’Italie. A ne pas confondre avec le « record du circuit » qui est le meilleur temps établi pendant une course. Lui est détenu par Marc Marquez en 2013 avec 1’47’639 chez Honda.
  • Le record de vitesse dans la ligne droite est détenu par Andrea Dovizioso chez Ducati avec 356,5 km/h lors du grand prix 2018 !
  • Le Mugello héberge l’un des 5 plus gros freinages de la saison en MotoGP. Au moment de freiner dans la ligne droite pour négocier le virage 1 (San Donato), les pilotes de MotoGP sont à environ 350 km/h et freinent pendant environ 5,2 secondes sur une distance d’environ 290 mètres pour finalement entrer le virage à 90 km/h. Accrochez-vous !

 

Charlotte
Charlotte
Ingénieure en informatique mais surtout motarde passionnée, cavalière, snowboardeuse et très sportive au quotidien! Je suis une hyperactive qui ne s’arrête jamais et ne lâche rien ! J’ai passé mon permis moto sur le tard, en Janvier 2014, et quelques mois après je découvrais la piste par curiosité lors d’une journée loisir avec ma première moto. Il aura suffit d’une fois pour que je devienne accro! Depuis, j’ai progressé participant à de nombreuses journées loisir, stages et coachings sur des circuits découverts partout en France et en Espagne. Pour 2018, j’ai décidé de franchir le pas du monde de la compétition! A travers mes articles je tenterais de te donner un max de conseils et te ferais partager mon expérience de la moto sur piste.
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