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Présentation et essai du nouveau casque Roof Boxxer, le digne héritier de la famille !

Essai Roof nouveau Boxxer_1

Quel est le point commun entre une voiture et un casque de moto ? La question semble étrange mais la réponse devient claire si on pense à la Porsche 911 et au casque Roof Boxer : quel que soit le modèle, année après année, on reconnaît toujours l’identité et la signature des deux produits.

23 ans après la toute première génération du casque Boxer apparu en 1995, le nouveau modèle vient de sortir et remplace le Boxer V8, sorti lui il y a près de 10 ans, en 2009. Si son nom accueille un X de plus, le nouveau Boxxer a surtout été repensé de A à Z par Roof. Le but ? Conserver l’état d’esprit des prédécesseurs tout en faisant du nouveau Boxxer le meilleur de la famille.

Premier casque doté d’une mentonnière pivotant à 180 degrés en 1995, premier modulable à posséder la double homologation jet et intégral en 2008, le Boxer a frappé de grands coups dans l’univers du casque au cours de son histoire et s’est imposé comme un star du marché. Aujourd’hui, le nouveau Boxxer est le symbole d’une marque de casque dont l’héritage conjugue innovation et singularité.

Du Boxer V8 au nouveau Boxxer, deux améliorations majeures

Sur ce Boxxer, tout est nouveau par rapport à l’ancien modèle Boxer V8 : aucune pièce n’a été réutilisée. En revanche, le nouveau Boxxer reprend l’ensemble des innovations techniques développées sur le casque haut de gamme sorti il y a un an à la rentrée 2017 : le Boxxer Carbon. Il reprend tout hormis le matériau de la coque : elle est en fibre de carbone sur le Boxxer Carbon et en fibre de verre sur le nouveau Boxxer.

Dans la gamme actuelle, nous avons donc le Boxxer Carbon, que l’on peut considérer comme le casque haut de gamme, et le nouveau Boxxer, un casque moyen/haut de gamme sur lequel je me concentre ici et qui est le grand remplaçant du Boxer V8. Justement, du Boxer V8 au nouveau Boxxer, on note deux principales améliorations : le système de verrouillage de la mentonnière et l’étanchéité au niveau de l’écran.

Comparaison entre le Boxer V8 et nouveau Boxxer. (Crédits : Roof)

Système de verrouillage : Le nouveau système de fermeture de la mentonnière, qui a été breveté, est mieux intégré dans le design du casque et il est surtout plus simple et plus rapide. Il n’y a plus de boutons à pression en plus des leviers rouges de sécurité, ces fameux appendices externes en forme de cornes de diable qui participent aussi à l’image du casque. Pour ouvrir la mentonnière sur le Boxer V8, il fallait déclipser les pressions et actionner les leviers rouges de chaque côté du casque. Pour la fermer, il fallait clipser les pressions une fois que les leviers avaient enclenché le verrouillage. Dorénavant, sur le nouveau Boxxer, le déverrouillage se fait facilement à une main en poussant simplement sur les leviers rouges et le verrouillage se fait automatiquement : on entend d’ailleurs distinctement le « clic » de verrouillage qui permet de s’en assurer. Roof a réussi à mettre en place un système de déverrouillage et verrouillage rapide qui se fait d’une seule main tout en restant sur les côtés du casque, sans passer sur l’avant : cela permet au Boxxer de garder toute l’épaisseur d’amortisseur dans la mentonnière sans devoir avancer celle-ci, et donc de garder un design près du visage dans la continuité de ses prédécesseurs.

Étanchéité : La mentonnière possède un nouveau joint pour la partie en contact avec l’écran. Cette longue lèvre est en silicone : on retrouve un matériau similaire sur les masques de plongée sous-marine. Cette matière très résistante et qui n’a pas besoin d’être entretenue est une pièce complexe à fabriquer : elle fait également l’objet d’un brevet de la part de Roof. Dans la famille Boxer/Boxxer, la mentonnière passe par-dessus l’écran quand on la fait pivoter : c’est le seul casque du marché à avoir cette contrainte d’écran qui rentre dans la mentonnière. En cas de pluie, l’eau qui ruisselle sur l’écran ne doit pas rentrer à l’intérieur du casque. Sur le Boxer V8, il y avait un joint en mousse écrasée qui venait en pression sur l’écran et qui assurait l’étanchéité. Il s’agit de la même logique de fonctionnement mais le joint en silicone est plus efficace. Détail important : lorsque la mentonnière est relevée, le joint ne rentre plus en contact avec le casque, comme sur le Boxer V8. Il ne risque donc pas d’être déformé et de perdre en étanchéité même si le casque est porté longtemps en position jet. Un autre joint en silicone est présent sur le haut de l’écran et participe aussi à l’étanchéité.

Une qualité de fabrication excellente : la preuve par quatre

Sur ce nouveau Boxxer, ce qui m’a le plus marqué est sa qualité de fabrication et de finition : elle est excellente. J’ai démonté l’intérieur pour l’inspecter minutieusement dans tous ses détails : que ce soit dans les matériaux utilisés (peinture, tissus, joints) ou les assemblages (emboîtements, collages, coutures), tout est très bien réalisé et on ressent le positionnement moyen/haut de gamme de ce casque. Si l’on se penche sur les détails, quatre caractéristiques du nouveau Boxxer mettent en avant sa qualité de fabrication.

Le nouveau Boxxer sort de sa tanière avec des arguments de qualité ! (Crédits : Roof)

1 – Structure externe : Plus basse et plus longue que sur le Boxer V8, la coque du nouveau Boxxer est toujours en fibre de verre, matériau à la fois noble et efficace mais difficile à fabriquer et mettre en œuvre. Par ses formes complexes et ses angles marqués, la mentonnière est en polycarbonate. Lorsqu’on la fait pivoter, la mentonnière est freinée tout le long et ne peut donc pas bouger involontairement. Le système de mécanique de l’écran et de la mentonnière est un biaxe, avec deux axes indépendants : un axe écran, un axe mentonnière. Le moyeu d’assemblage est un détail qui souligne la qualité de fabrication : il n’est pas en plastique mais en aluminium anodisé noir.

2 – Habillage intérieur : Les tissus utilisés à l’intérieur du casque possèdent des traitements anti-bactérien et séchage rapide. Roof s’attache aux détails : le très fin espace entre les supports des mousses de joues et la coque représente une caisse de résonance et a donc été comblé en mousse. A l’intérieur des mousses de joues, des kits intercom peuvent être installés en retirant les blocs de mousse montés sur velcro. Au niveau de la nuque, Roof a été malin avec un habillage dit « Silent Lining », développé à la base sur le Desmo et repris sur le Boxxer : la partie extérieure des mousses de joues est lisse et ces mousses se prolongent jusqu’à la nuque, permettant à l’air de filer et d’éviter de générer du bruit supplémentaire pour le pilote. Enfin, le Boxxer se fait remarquer en permettant des ajustements à la tête du pilote. S’il existe une taille unique de coque pour toutes les tailles de casque (de 54 à 63 cm, soit XS à 2XL), la coiffe est équipée de poches avec des mousses au niveau des tempes : des mousses supplémentaires sont livrées d’origine, permettant d’adapter le confort et la tenue. Cette personnalisation peut également s’effectuer au niveau des joues : Roof fabrique 4 épaisseurs différentes de mousses de joues que l’on peut adapter à sa morphologie. Les joues installées d’origine sont la taille la plus courante, mais votre revendeur peut vous les changer à l’achat gratuitement pour un modèle plus fin ou plus épais.

3 – Ventilation et désembuage : A ce niveau-là, Roof a fait preuve d’ingéniosité ! Le Boxxer possède un total de 7 aérations : 1 aération supérieure sur le haut du visage et 6 aérations sur la mentonnière, celles sur lesquelles je vais m’attarder. Sur le haut de la mentonnière, on retrouve 4 aérations indépendantes les unes des autres. Les 2 volets intérieurs agissent pour le désembuage : ils sont munis de déflecteurs en silicone qui font remonter l’air sur la visière et pas sur le visage. Belle astuce ! Les 2 volets extérieurs agissent pour ventiler le pilote en canalisant l’air directement sur le visage. Enfin, les 2 dernières aérations se trouvent sur le bas de la mentonnière et utilisent l’effet Venturi pour agir en complément contre la buée : quand elles sont ouvertes, elles tirent l’air expiré par le pilote vers l’extérieur du casque par une dépression d’air. Le travail de Roof permet de remarquer un détail intéressant sur le design sur les aérations : tous les mouvements vers le haut ouvrent les aérations et laissent passer l’air, tous les mouvements vers le bas ferment les aérations et bloquent l’air. Certaines marques présentent des systèmes d’aération plus confus en ne s’attachant pas à cette logique dans les mouvements des aérations. Enfin, contre la buée, vous vous posez peut-être la question du Pinlock : il n’existe toujours pas de lentilles Pinlock adaptables sur les casques Roof et sur le Boxxer. Cela s’explique par la forme spécifique de ses écrans, qui sont sphériques à la fois en horizontal et vertical. Toutefois, l’écran de série du nouveau Boxxer est traité anti-buée et se veut aidé par le système ingénieux de désembuage.

4 – Jugulaire : Sur la plupart des casques du marché, y compris le Boxer V8, la jugulaire possède 2 points d’attache. Sur le Boxxer, la jugulaire est en forme de Y et possède 4 points d’attache. Sachant qu’il peut être porté en intégral ou en jet, cette conception innovante permet un niveau de sécurité supplémentaire en améliorant la stabilité en déchaussement. Lors d’un choc en configuration intégral, la mentonnière appuie sur le corps et évite au casque de basculer vers l’avant. Lors d’un choc en configuration jet, la jugulaire en Y va stabiliser le casque et renforcer sa capacité à ne pas basculer vers l’avant. Cette jugulaire innovante représente un peu de tissu et de poids en plus mais surtout un atout de sécurité.

Essai dynamique : c’est parti !

Maintenant que vous savez tout sur le nouveau Boxxer, il est temps de l’essayer ! Il existe en 7 couleurs et je l’ai choisi en rouge. Pourquoi en rouge ? Le premier Boxer sorti en 1995 existait en deux couleurs : rouge et jaune. J’adore l’histoire de la moto et j’ai choisi un clin d’œil au passé ! Je l’ai testé partout : en ville, sur autoroute et enfin sur les routes de campagne. J’ai roulé avec ce casque sur deux motos très différentes : une sportive et un trail !

Le nouveau Boxxer est disponible en 7 coloris : faites votre choix ! (Crédits : Roof)

La première chose qui surprend positivement, c’est le champ de vision ! Les formes de l’écran et de la mentonnière, signature esthétique de Roof, offrent un champ de vision tout simplement énorme, même en configuration intégral : vision très large sur les côtés, bonne vision vers le haut (même en roulant penché vers l’avant sur un roadster ou une sportive) et vision excellente vers le bas grâce aux formes creuses sous les yeux. Ce large champ de vision est un gros avantage en terme de sécurité car il permet une vue d’ensemble de la route et facilite les vérifications des angles morts quand on effectue des contrôles directs.

Le Boxxer possède un très bon confort d’utilisation : il est facile à enfiler, confortable à porter et les mousses ont un revêtement agréable. Le casque possède par ailleurs un excellent maintien et la boucle micrométrique permet d’ajuster facilement le serrage de la jugulaire. Le nouveau système de verrouillage, très pratique, participe aussi au confort puisque le passage de la configuration intégral à jet (et inversement) se fait rapidement à une main, même en roulant. Enfin, le système d’écran et mentonnière indépendants l’un de l’autre est superbe : si on ouvre la mentonnière, l’écran ne reste pas bloqué en haut et on peut choisir de rouler avec l’écran ouvert ou fermé, comme un vrai casque jet. Sur ce système d’écran et de mentonnière, le joint en silicone sur la mentonnière, qui est l’une des principales améliorations du nouveau Boxxer par rapport au Boxer V8, participe à sa modularité car il se plie dans les deux sens. En d’autres termes, si on rabat l’écran sur la mentonnière, l’écran fait pression sur le joint et celui-ci se replie. Si on referme la mentonnière alors que l’écran est déjà baissé, le joint vient se plaquer sur l’écran. L’étanchéité est assurée dans les deux cas. En bref, on profite de l’aspect modulable du casque sans se poser de question !

Concernant la visière, le Boxxer, comme tous les casques Roof, ne possède pas d’écran solaire interne, ce qui posera problème à certains utilisateurs. C’est un choix technique de la part de Roof car intégrer un écran solaire interne nécessiterait d’enlever un peu d’épaisseur d’amortissement ou de gonfler le volume de la coque, procédés que la marque se refuse pour privilégier la sécurité maximale. Pour parer à cela, elle commercialise une série de 5 écrans en option pour remplacer l’écran d’origine. Pour ma part, j’ai installé un écran mixte « DayNight » : le changement d’écran se fait facilement et intuitivement après un démontage rapide de la mentonnière. Pour démonter la mentonnière et changer l’écran, une petite clé BTR en format porte-clé est fournie d’origine : très pratique !

Le nouveau Boxxer vous hypnotise avec son look…mais pas seulement ! (Crédits : Roof)

Le casque possède un bel aérodynamisme : en configuration intégral, il ne souffre pas de turbulences d’air, même à haute vitesse sur autoroute. La mentonnière qui pivote à 180 degrés permet de rouler sans problème en configuration jet en ville et sur les routes de campagne.

Le système ingénieux de ventilation est un succès. J’ai trouvé la ventilation supérieure très discrète et je me pose la question de son efficacité. En revanche, les ventilations présentes sur la mentonnière m’ont convaincu : on est bien isolé lorsqu’elles sont fermées, et on ressent bien la différence entre celles prévues pour aérer le visage et celles pour désembuer lorsqu’elles sont ouvertes. Ce système de désembuage fonctionne d’ailleurs bien dès que l’on roule.

Au niveau de l’insonorisation, le Boxxer se démarque positivement pour sa catégorie : les modulables sont généralement bruyants, mais les différentes astuces d’habillage intérieur et les nouveaux joints en silicone, qui assurent aussi l’insonorisation en plus de l’étanchéité, lui permettent d’être un casque que je considère comme silencieux.

Enfin, en termes de poids, le Boxxer fait 1600 g. Il est donc un peu plus léger que les autres modulables avec mentonnière à 180 degrés, comme le Shark Evo One (1650 g) et le LS2 Valiant (1700 g). Les modulables sont une catégorie de casque très pratique, mais qui sont toujours plus lourds que les intégraux : il y a une mécanique pour la mentonnière que l’on n’a pas dans un intégral et une partie de matière en double. Je suis habitué à rouler avec des intégraux de type racing, donc plus légers : la différence se ressent rapidement sur la tête et le Boxxer est un peu lourd à mon goût. Cette sensation existe surtout à l’arrêt et à basse vitesse et le poids se fait presque oublier en roulant, aidé par le bel aérodynamisme du casque. Ce ressenti est très personnel : les motards qui sont habitués à rouler avec un casque modulable ou avec l’ancien Boxer V8 ne seront pas gênés.

Ce qu’il faut retenir

Au siège de Roof, je me suis amusé à comparer le nouveau Boxxer et son ancêtre, le premier Boxer sorti en 1995. Rares sont les casques avec une histoire aussi longue. Malgré plus de deux décennies d’évolution des technologies et des normes d’homologation, Roof a su rester fidèle à l’identité du modèle et la ressemblance est frappante.

1995 – 2018 : 23 ans d’écart entre le premier Boxer à gauche et le nouveau Boxxer à droite, avec bien plus qu’un air de famille entre ces deux-là. (Crédits : Nicolas Bassand)

Si vous cherchez un casque véritablement modulable, que vous êtes intéressé par une belle qualité de fabrication, ses caractéristiques techniques et que vous soignez votre look, alors le Boxxer sera fait pour vous. En conclusion, il est le digne héritier de la famille. Il reprend les codes de ses prédécesseurs concernant le design, les solutions techniques et la qualité de fabrication au top, tout en offrant plus : avec un nouveau système de verrouillage plus facile et une étanchéité renforcée, le Boxxer revendique des aptitudes plus routières. Très à l’aise en milieu urbain grâce à sa mentonnière à 180 degrés, le nouveau Boxxer est prêt pour partir à l’aventure en dehors des villes grâce à toutes ses qualités dynamiques… Et bien sûr un look qui ne passera pas inaperçu à la terrasse des cafés lors des balades du dimanche !

Nicolas
Nicolas
Je suis convaincu que la passion nous emporte loin...surtout si on y va à moto ! Avec mon supermotard 50 cm3 à mes débuts jusqu'à ma sportive 1000 cm3 aujourd'hui, je roule depuis 15 ans. Je roule en ville et en montagne, sous le soleil et la pluie, sur la route et sur circuit : pour moi, la moto se vit 365 jours par an. Si on partage cette passion ensemble, c'est encore mieux, non ? Alors c'est parti : live, love, ride !
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